Soutenance de Thèse de Doctorat de Nina Tello

Mardi 30 octobre à 14 h00 – Soutenance de Thèse de Doctorat de Nina Tello
Lieu : Unité de Recherche Clinique au Centre Hospitalier Laborit – 370 Avenue Jacques Cœur – à Poitiers.

Titre : « Cognitions implicites et comportements autodestructeurs : études des processus implicites dans les addictions et le suicide ».

Jury :

Armand Chatard (Professeur, Université de Poitiers, Directeur de thèse); Céline Douilliez (Professeure, Université de Louvain, Examinatrice); Nematollah Jaafari (Professeur, Centre Hospitalier Henri Laborit, Directeur de thèse); Xavier Noël (Professeur, Université Libre de Bruxelles, Rapporteur); François Ric (Professeur, Université de Bordeaux, Rapporteur); Oulmann Zerhouni (Maître de Conférences, Université de Paris Nanterre, Examinateur).

Résumé :

Cette thèse a pour objectif de tester la fiabilité de résultats majeurs de psychologie montrant que des mesures implicites permettraient de prédire et de changer des comportements autodestructeurs. Cela semble particulièrement important dans le contexte de crise de confiance traversé actuellement par les sciences et plus particulièrement par la psychologie. À cette fin, nous avons mené trois études préenregistrées.

Dans une première série d’études, nous avons répliqué les résultats de Houben, Havermans, et Wiers (2010) montrant qu’un conditionnement évaluatif permettrait de changer l’évaluation implicite de l’alcool ainsi que les consommations d’alcool (Houben, Havermans, et al., 2010). Notre première étude, une réplication conceptuelle, ne réplique que partiellement les effets originaux. Nous ne trouvons, en effet, pas de réduction des biais implicites envers l’alcool après un conditionnement évaluatif ; cependant, nous répliquons l’effet montrant une réduction des consommations d’alcool. Notre deuxième étude, une réplication exacte, ne réplique aucun des deux résultats originaux. Néanmoins, nous trouvons dans cette étude une réduction des consommations d’alcool, après un conditionnement évaluatif, chez les individus ayant une consommation à risque.

Une deuxième série d’études visait ensuite à tester la fiabilité et le consensus de résultats montrant qu’un test d’association implicite permettrait de discriminer les individus suicidaires et de prédire les futures tentatives de suicide (Nock et al., 2010). Pour cela, nous avons réalisé une petite méta-analyse afin de tester s’il existe un consensus dans la littérature scientifique sur la validité prédictive des mesures implicites dans les comportements suicidaires. Cette méta-analyse montre une taille d’effet moyenne dans la discrimination et la prédiction des comportements suicidaires par les mesures implicites. Enfin, dans une dernière étude qui s’est étendue sur une période de trois ans, nous avons voulu réaliser une réplication exacte des effets de Nock et al. (2010). Les résultats répliquent partiellement ceux de l’étude originale. Dans notre étude, le test d’association implicite suicide ne discrimine pas les patients suicidaires des autres patients mais prédit bien les futures tentatives de suicide à six mois au-delà des facteurs de risque habituels.

Les résultats présentés dans cette thèse démontrent que les mesures implicites joueraient un rôle dans la prédiction et la modification des comportements autodestructeurs. Les implications théoriques et cliniques sont discutées.

Mots clés : Réplication, Mesures implicites, Comportements autodestructeurs, Suicide, Addiction

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