Soutenance de Thèse de Doctorat d’Antoine Mery

Titre :  «Inégalités sociales à l’école : perceptions enseignantes et leviers d’action»

Ce travail a été conduit sous la direction conjointe de Sébastien Goudeau (PU, Université de Poitiers, INSPE de Niort) et de Frédérique Autin (PU, Université de Poitiers).

La soutenance se déroulera devant le jury composé de :

Pascal Pansu (PU), Université Grenoble-Alpes – Rapporteur ; Mickaël Jury (MCF HDR), Université Clermont-Auvergne, – Rapporteur ; Céline Darnon (PU), Université Clermont-Auvergne – Examinatrice ; Élise Huillery (PU), Université Paris Dauphine – Examinatrice.

Résumé :

Ce travail de thèse vise à examiner l’impact des explications internes aux élèves (e.g., personnalité, capacités) des différences de performances scolaires par les enseignants.

Nous faisons l’hypothèse que les explications internes dominent les perceptions qu’ont les enseignants de la causalité des différences de performance. De plus, nous proposons que ces explications sont associées à des croyances légitimantes (croyances méritocratiques et croyances essentialistes) au sein d’un système commun de justification des inégalités.

Par ailleurs, nous soutenons que si les explications internes et ces croyances partagent l’appartenance au même système de justification, alors elles devraient également avoir les mêmes conséquences sur la volonté des enseignants de s’inscrire dans des pratiques visant à réduire les inégalités. Pour examiner ces propositions, nous nous focalisons sur les inégalités de participation orale liées à l’origine sociale.

Ainsi, le premier objectif de ce travail de thèse a été d’examiner les explications qu’apportent les enseignants aux différences de participation orale, tout en examinant le lien entre ces explications et les croyances légitimantes ainsi que la volonté de s’engager dans des pratiques visant à réduire les inégalités. Dans deux premières études, nous confirmons la tendance des enseignants à mobiliser des explications internes aux élèves de manière prédominante pour rendre compte des différences de participation orale. Nous confirmons également l’association positive entre le recours aux explications internes et l’adhésion à la croyance en la méritocratie scolaire et certaines croyances essentialistes. Enfin, nous confirmons l’association négative spécifique entre les explications internes des différences de participation orale et la volonté des enseignants de s’engager dans une pratique réduisant les inégalités.

Le second objectif a été d’implémenter et d’évaluer un essai contrôlé randomisé visant à réduire les inégalités de participation liées à l’origine sociale des élèves. L’évaluation de cette étude interventionnelle a révélé que celle-ci n’a pas permis de réduire les inégalités sociales de participation orale, bien que les élèves du groupe expérimental aient présenté des gains en maîtrise du langage plus importants au cours de l’année que ceux du groupe contrôle.

Ce travail de thèse contribue à la compréhension de la justification et du maintien des inégalités scolaires par les enseignants tout en ouvrant des perspectives d’études permettant de saisir plus précisément les déterminants et les leviers d’action en lien avec ces inégalités.

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